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Courez, courez peu, courez lentement, courez souvent, courez à jeun…

mercredi 4 mars 2015, par Docteur BEURY

A ceux qui veulent trouver la panacée universelle de jouvence, la course à pied peut apparaître comme la meilleure des solutions. En effet, toutes les études prouvent que la pratique régulière de celle-ci amène de nombreux bienfaits… Encore faut-il respecter certaines règles…

- Courir  : pour que la course soit un bienfait ; il faut courir… « Élémentaire, mon cher Watson !  » C’est la course à pied qui amène le plus de bienfaits, loin devant la marche… En particulier se sont les forces de pression-décompression sur les articulations et les effets « pompes » du sang qui améliorent la qualité et l’espérance de vie… La marche si populaire est loin d’amener ces bienfaits…

- Courir peu : enfin peu, le temps optimal pour obtenir une amélioration de l’état de santé se situe autour de 1h30 à 2h30 de pratique par semaine. La pratique intensive de la course à pied (au-delà de 3h30 4h00) amène des effets délétères. Une étude menée par des chercheurs danois, qui a été publiée dans la revue « Journal of the American College of Cardiology » [1] a montré que le taux de mortalité chez les adeptes du jogging intensif était presque le même que celui des sédentaires… Alors que ce taux est nettement diminué chez ceux qui pratiquent la course à pied modérément.

- Courez lentement… Il faut éviter de courir trop vite car, là aussi, vous diminuez les gains sur la santé que vous donne la pratique du jogging… Courir à 70% de sa fréquence cardiaque maximale en faisant une dizaine d’accélérations de 150 à 200 mètres vous amènera le plus de bienfaits (on y reviendra bientôt...)

- Courez souvent… Courir deux heures trente en une séance par semaine n’est pas intéressant… Vous allez multiplier les effets pervers et abimer votre corps. Il vaut mieux courir tous les deux jours, voire trois fois par semaine…

- Courez à jeun… Enfin, pour ceux qui le peuvent, la pratique de la course à pied à jeun est encore meilleure, elle diminue toutes les composantes du « syndrome métabolique » et, en particulier, son point de départ, l’insulino-résistance… Ce syndrome métabolique accroit le risque de diabète de type 2, de maladies cardiaques et d’accident vasculaire cérébral (AVC). La course à pied à jeun est sans risque, on ne risque pas en effet d’hypoglycémie puisque, quand vous vous levez le matin, vous êtes en « cétose » c’est-à-dire que l’organisme utilise les « corps cétoniques » pour vivre…

Donc la prescription pour être beau, heureux et pour vivre longtemps est simple : courez à jeun, trois fois par semaine, pendant 30 à 60 minutes, à vitesse lente (70 75% de votre fréquence cardiaque maximale) avec une dizaine d’accélérations de 150 mètres pendant le parcours.

Et, contrairement à ce que pensent les « accros » à la course à pied, cette pratique modérée vous permettra assez rapidement, d’améliorer vos performances… Nous en reparlerons...

Notes

[1Duck-chul Lee, Carl J. Lavie, Rajesh Vedanthan
Optimal Dose of Running for Longevity : Is More Better or Worse ?∗
Journal of the American College of Cardiology, Volume 65, Issue 5, 10 February 2015, Pages 420-422

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2 Messages

  • Courez pieds nus ? Le 28 décembre 2015 à 00:51, par LoudesBois

    Je ne suis pas sure que mon précédent message ait été validé alors je le reprends au cas ou.

    Pardonnez-moi pour les accents que je n’ai pas sur mon clavier anglais.

    En résumé, je cours depuis 15 ans, j’en ai aujourd’hui 25. A 20 ans je découvre que c’est un allié efficace pour garder la ligne, cela devient mon principal moteur. Aujourd’hui je suis libérée de mon propre diktat ’des 44kg pas plus’, je ne suis pas libérée pour autant du besoin d’exercer mon corps. Alors je continue la course, persuadée que ma motivation premiere a toujours pris sa source au-dela du conscient, dans ma condition d’etre humain qui se sait fragile et qui se sait perfectible. Je cours avec des chaussures sans aucun amortis, a la semelle extremement fine et souple, de la célebre marque a la virgule . Tout a changé.

    Mon pied est devenu l’organe moteur, succédant a mon cerveau obsédé par ses attentes esthétiques. Je ne peux plus augmenter ma vitesse comme avant, la course est devenue quelque peut ’ingrate’ vue de l’extérieur... je m’explique. Ma foulée est un peu plus lourde, ou du moins l’effort musculaire est plus important, tandis que l’effort cardiaque (hors montée) est généralement plus doux. L’effort mental (si je peux dire cela ainsi) n’est pas le meme non plus. L’euphorie que je ressentais habituellement, allant avec un certain lacher-prise de la cervelle, est supplanté par une concentration intense pour réaliser une propulsion efficace. Je me dois d’etre concentrée pendant l’intégralité de la course, car je sens aussi qu’un faux mouvement entrainerait plus facilement une blessure.

    Mes mollets se développent différement et je découvre avec émerveillement l’usage de mon pied. Il devient musclé lui aussi. Il sent le sol, qui ne fait pas de cadeau ! Je me demande aujourd’hui comment j’ai pu courir "sans mes pieds" avec ces chaussures qui travaillaient a ma place. Pourtant parfois je dois ralentir beaucoup, et je peux avoir des courbatures apres de la course en descente. Je tiens a préciser que je cours en plus de ca dans des chemins forestiers (dans ma campagne limousine) ou sur gazon (a Amsterdam).

    J’apprends ce que je pensais incompatible avec la course : la précision, la mesure du mouvement, la stabilité et la force... Je ne suis plus capable d’utiliser mon mp3 pour me motiver, il me dérange meme, m’empechant d’etre assez attentive a mon gout au son/rythme et de ma respiration et de mon pas sur le sol.

    Cette expérience a démultiplié l’usage de mes sens et jusqu’a mon instinct de survie.

    Pourtant, je sais par mes expériences que mon mental peut fonctionner tel un puissant écran a illusions, alors je tiens, malgré mon enthousiasme et ma conviction d’etre sur une voie passionante, a vous interroger. Est-il bon (je pense aux articulations, aux genoux, aux chevilles, au dos) de courir ’pieds nus’ ?

    Merci,
    Lou

    25a, femme

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