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Pourquoi grossir ? (De l’utilité de la prise de poids... )

mercredi 2 mars 2016, par Docteur BEURY

Maigrir ?

Vaste programme aurait dit le grand homme ! Mais, en fait, peut-on maigrir ? La réponse n’est pas si évidente que cela… La plupart des mesures destinées à perdre du poids, évaluées à long terme, démontrent une absence de résultat… Après un ou deux ans, la quasi-totalité des personnes réalisant des régimes a repris son poids… Mêmes résultats catastrophiques pour ceux qui s’adonnent au sport… Plus grave, la plupart des études montrent que les personnes qui maigrissent sont, après un ou deux ans, plus grasses que celles qui n’ont rien fait… De quoi faire renoncer les plus velléitaires et inquiéter les plus courageux… Mais tout n’est pas perdu !

Avant de vouloir maigrir, il faut essayer de comprendre ce corps qui fonctionne si bien et qui, tout à coup, refuse de nous obéir et fait n’importe quoi en prenant 5, 10 ou 50 kilos…

Se poser des questions avant de vouloir maigrir…

D’abord, avant de vouloir maigrir, il faut répondre à un certain nombre de questions qui nous éclaireront et permettront d’envisager des réponses adaptées à notre problématique personnelle… Ainsi, il faut du temps pour maigrir, du temps pour prendre la décision, du temps pour se mettre en phase… Lorsque je reçois des personnes désirant maigrir, je réalise toujours un bilan complet psychique, physique et biologique de leur état. Ce bilan est nécessaire pour détecter un trouble métabolique expliquant leur surpoids (comme une insuffisance thyroïdienne), une conséquence néfaste de ce surpoids nécessitant des mesures spécifiques (diabète) ou des précautions à prendre lors de la perte de poids (problèmes cardiaques), voire des problèmes psychologiques majeurs mettant en seconde ligne leur surcharge corporelle… Mais ce bilan est aussi nécessaire parce qu’il permet de prendre un peu de temps, de mûrir sa décision, de s’informer sur les conséquences de la perte de poids et sur les raisons de la prise de poids, d’envisager différents scenarii, de se préparer…

En fait, la perte de poids, c’est comme le marathon… On ne part pas sans réfléchir, avec n’importe quelles chaussures, sans entraînement pour les 42 kilomètres de New York. Il faut se renseigner, se préparer mentalement, s’entraîner avant le grand jour. Autrement, on court… à la catastrophe ! C’est la même chose pour le poids… Commencer un régime le 2 janvier au matin parce qu’on a pris 10 kg pendant les fêtes, voilà qui est voué à l’échec.

Oui, la perte de poids ressemble réellement à l’entraînement pour une course en endurance. C’est long, difficile… Il y a des jours où tout va bien et des jours très difficiles… Il y a des périodes d’échecs. Il faut vaincre son corps mais surtout dominer son esprit…

Pourquoi suis-je en surpoids ?

Question qui paraîtra légitimement curieuse à beaucoup et pourtant fondamentale.

Je l’ai déjà expliqué ici, le pondérostat assurant l’équilibre entre les entrées caloriques (ce que l’on mange) et les sorties (ce que l’on dépense) est d’une précision redoutable… Il adapte très précisément la quantité de calories ingérées, mais aussi les quantités de lipides, glucides, protides ; il contrôle extrêmement précisément l’équilibre en vitamines, en micronutriments, en eau… La qualité de cet « organe » (en fait ce n’est pas un organe) est si précise que le milieu intérieur reste en équilibre très précis… L’hydratation ne bouge quasiment pas malgré l’exercice physique et les changements de températures si nous avons de l’eau à notre disposition ; les taux d’acide gras poly-insaturés, nécessaires à notre métabolisme en quantité minuscule, sont parfaitement adaptés, l’équilibre entre oméga 3 et oméga 6 ne pose aucun problème en condition normale… En gros notre petit ordinateur dans notre cerveau est parfaitement efficace et règle avec sagesse nos envies en fonction de nos besoins… Seule l’ingéniosité (ou la perversité ?) de l’homme permet de dérégler ce beau système et de le rendre inefficace. Dans un article, Pourquoi y a-t-il tellement de gros en ce moment, j’ai expliqué l’origine du Yoyo nutritionnel… Mais cette perversité qui consiste à dérégler une machinerie qui fonctionne merveilleusement bien n’est pas l’apanage de gamines fashion victims ; elle touche d’autres personnes et les sportifs de haut niveau n’en sont pas exclus…

Chez les sportifs par exemple, on dit souvent qu’il faut boire avant d’avoir soif, arguant que la soif arrive en retard sur la déshydratation et que cette soif survient quand l’organisme a déjà perdu 5 ou 10% de son eau donc beaucoup de ses forces… Or, rien ne prouve ces assertions et l’indicateur le plus précis de l’hydratation de l’organisme reste… la soif ressentie. À tel point qu’il y a plus d’accidents d’hyper-hydratation sur les grands marathons, accidents parfois mortels, que d’accidents de déshydratation… Comme quoi l’on doit se méfier de tout ce que l’on raconte, même si ce sont de grands préparateurs physiques qui le disent…

Pour en revenir à notre pondérostat il est très précis, si précis que votre poids reste stable (parfois en surpoids mais stable) étonnamment stable au long des mois… Pourquoi donc, un jour, cet instrument si précis nous jouerait donc des tours et permettrait une prise de poids ?

Au premier rang des causes du surpoids il y a les problèmes psychologiques… Tout le monde le sait, mais il faut y revenir.

Le stress, bien souvent, fait grossir… Parce qu’en situation de stress, d’agression, on sécrète de grandes quantités de cortisol et d’adrénaline qui permettent de répondre à l’agression. Encore une fois il faut revenir aux origines de l’homme. À l’époque de nos ancêtres le stress, c’était souvent un animal qui arrivait pour nous manger… Il fallait alors déguerpir le plus vite possible ou se retourner pour l’affronter avec le maximum d’énergie musculaire possible. L’adrénaline et le cortisol permettent d’augmenter le taux de glucide dans le sang et favorisent son utilisation par les muscles… On peut alors affronter les lions… Mais si le stress est dû à un patron agressif, à un embouteillage, à sa femme acariâtre ou à ses ados agressifs, l’augmentation de glucide n’est pas utilisée, elle entraîne la sécrétion d’insuline, qui,elle, favorise la transformation du sucre en graisse… Et l’on grossit…

Les mécanismes approchant la dépression et sa baisse de sérotonine, peuvent faire grossir aussi (ou maigrir parfois !), etc, etc. Il y a donc des raisons « physiologiques » à la prise de poids du stressé… Il y a aussi des raisons plus profondes… Sans vouloir faire de la psychologie de comptoir, beaucoup de « gros » s’entourent d’une couche de graisse pour se « protéger » des agressions… S’ils maigrissent un jour, s’ils réussissent leurs régimes, ils seront plus conformes aux canons de la mode, mais ils seront rendus plus vulnérables, nus, fragilisés face au monde extérieur… et ils augmenteront leur déprime…

Toute personne qui veut maigrir devrait donc se poser des questions sur elle-même… je le répète, on ne grossit pas par hasard, il y a toujours des raisons qui vont bien au-delà des excès de table ou de la sédentarisation… Comprendre ces raisons, c’est déjà commencer à maigrir…

Donc première question à vous poser : pourquoi je grossis ? Ne répondez pas les niaiseries habituelles comme je mange de trop, je ne fais pas de sport, je ne bouge pas… Cela, c’est pour tout le monde… La réponse qu’il faut trouver, c’est, pour quelle raison, mon corps a-t-il choisi, volontairement choisi, de prendre du poids. « Cherchez et vous trouverez… »

Parfois la réponse est difficile à trouver. Inversez alors votre proposition. Au lieu de vous demander pourquoi vous avez grossi, essayez de savoir ce qui sera moins bien quand vous aurez maigri…

Soyons clair… Votre surpoids actuel (si vous êtes en surpoids) a quantité d’inconvénients. Mais si vous restez « gros » c’est certainement qu’il existe aussi des avantages… Ceux-ci vous empêchent de maigrir… C’est pour cela qu’il faut essayer de les comprendre. Répondre à la question « Qu’est-ce qui sera moins bien quand j’aurai maigri ? » c’est se poser la problématique des avantages de votre surpoids, c’est donc répondre à la question « Pourquoi j’ai grossi ? »

Cherchez bien, je ne veux pas la « cause » de votre prise de poids mais la « fonction » de cette prise de poids. Je ne veux pas savoir « comment » vous avez pris du poids, mais pour quelle raison il vous est utile de prendre du poids… Est-ce clair ? Au travail !

On en reparle dans deux jours… car cette réponse vous permettra d’aller plus loin…

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